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Epsylon Point est un artiste-peintre, graffeur incontournable de la scène du Street Art. Précurseur français du pochoir, Il sévit dès le début des années 80 dans les rues de Paris, aux côtés des premiers artisans du Street Art français, comme Miss.Tic et Blek le Rat.

Bien qu’issu de l’école des Beaux-Arts de Dijon, Epsylon Point ne reproduit pas dans son travail artistique l’académisme qui lui a été enseigné. Anarchiste dans l’âme et dans son art, il crée ses œuvres par un assemblage de pochoir et de texte sur des fonds saturés de couleurs éclatantes.

Passionné d’art et obsédé par la peinture, il tire son inspiration des premiers graffeurs new-yorkais bien sûr mais également de l’art abstrait, du futurisme ou encore des grandes figures de l’anarchisme comme Bakounine.

Véritable choc visuel, ses graffs drainent le regard dans tous les sens pour en découvrir le message à travers le mélange de couleurs, d’images et de slogans qui appellent à la contestation des représentations sociales établies par leurs traitements des sujets d’actualité ou par l’incorrection de leurs pochoirs érotiques.

A plus de 60 ans, il continue de secouer ses bombes de peinture et de déverser sa nécessité créatrice sur les murs des villes. Il contribue également à la formation de La Meute un groupe d’artiste avec qui il a travaillé ses vingt dernières années tels que Spliff Gâchette, Maest ou Pixal Parazit.

Eloge de la paresse

Publié: février 25, 2012 dans Politics, Quotidien engagé
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Bon, pour rassurer tous ceux qui perdent leur travail en ces temps de crise, nous avons décidé de faire un éloge de la paresse. N’en déplaise aux partisans de l’effort, l’emploi se raréfiant, autant le laisser à ceux qui ne conçoivent la vie qu’autour de la valeur travail. Par contre, il nous paraît important de lutter pour rassurer le chômeur, le cancre, le fonctionnaire ou encore le rentier et l’actionnaire, car un homme qui culpabilise de son oisiveté risque de devenir un homme dépressif, malade, creusant le trou de notre chère et tendre sécurité sociale à grands coups d’anxiolytiques et de psychothérapie.

Certes, la paresse fait partie des sept péchés capitaux mais comme il s’agit du dernier, nous considérerons qu’il fallait bien que les catholiques en trouvent un septième pour obtenir le nombre parfait, symbole de l’abondance divine, et surtout éviter le nombre six, marque déjà déposée par le Diable.

Allégeant ainsi la lourde connotation négative portée par la paresse due à l’héritage culturel judéo-chrétien, celle-ci n’en reste pas moins opposée à l’effort et notamment à la valeur travail, si chère tant à l’ouvrier qu’au patron.

Bon, pour le patron, nous comprenons assez aisément l’intérêt de la valeur travail, car si, dans votre entreprise, vos employés passent leur temps à faire la sieste et que vous êtes obligés de faire le boulot à leur place, ça ne sert à rien d’être patron et vous pouvez dire adieu à vos rêves de Rolex pour vos quarante ans. Cependant, le fait que l’on trouve ce même attachement à  la valeur travail chez les ouvriers nous laisse un peu plus perplexe.

Alors, il est vrai que certaines personnes comme Marx ou encore Hegel portent le travail en haute estime. Pour faire vite, mais alors très vite, l’homme, en transformant la nature et les choses, se construit et se réalise lui-même.  Bon ok, c’est pas mal. La dialectique du maître et de l’esclave chez Hegel est également très intéressante, notamment quand elle montre que, même si le maître jouit des fruits du travail de l’esclave, ce dernier acquiert progressivement son autonomie et sa libération en extériorisant sa conscience et ses projets dans le monde et qu’il asservira ainsi son maître… Force est de constater qu’Hegel n’était pas Nostradamus ! (quoique, si vous maîtrisez votre zone d’incertitude…)

Mais Marx était peut-être un peu plus visionnaire en évoquant la division du travail dans nos sociétés modernes qui conduit à l’aliénation de celui-ci à cause des dynamiques productivistes. Ainsi, l’artisan qui produisait en totalité un objet, faisant sa création propre et s’y reconnaissant est devenu aujourd’hui un travailleur, confronté à un produit qui lui est étranger. Il ne construit plus qu’une partie de celui-ci et, parfois, n’en voit même pas le tout.

Par ailleurs, Marx insiste également sur l’exploitation de l’énergie physique et nerveuse de l’ouvrier, sur le fait que sa force de travail est achetée au rabais. Selon lui, c’est ainsi que le patron réalise une plus-value sur le produit.

En fait, faire l’éloge de la paresse consiste à réfléchir à la place de travail et à la valeur que celui-ci représente.

Pour Jeremy Rifkin, dont le livre La Fin du travail suscita un large débat, le travail est amené à décliner inexorablement. Du fait de l’automatisation et de l’informatisation, une large part des emplois dans tous les secteurs d’activité est vouée à disparaître et à rendre inutile une bonne partie de la population active.

Ainsi, il est temps de se réjouir du remplacement de l’homme par la machine et de réfléchir, comme le proposait Hannah Arendt, à ce que l’homme peut faire de la disparition de la nécessité d’utiliser sa force de travail. Nous avons déjà des pistes : commençons par apprendre à paresser !

Alors, certes, si nous prenons la définition fournie par TLFi (voir ici), la paresse est « une propension à ne rien faire, une répugnance au travail, à l’effort physique ou intellectuel ». Difficile, donc, de prôner une telle inaction. Mais faire l’éloge de la paresse, c’est proposer une rupture avec la dictature de l’effort et de l’action permanente qui happe l’individu dans un mode de fonctionnement qui laisse peu de place à la réflexion et la prise de recul.

En effet, paresser, c’est initier une certaine lenteur dans la réalisation de ses actions. Prendre le temps de s’abandonner à la flânerie et la rêverie, qui sont de grandes sources d’inspiration, permet de créer, d’imaginer ou encore de trouver des solutions. Une étude produite par Mednick, Cai et d’autres chercheurs américains a montré que les individus à qui l’on a soumis des problèmes liés à la créativité ont une amélioration de 40% dans la résolution de ceux-ci s’ils ont bénéficié d’une sieste, contrairement à ceux qui sont restés éveillés.

Réhabiliter le droit à la paresse est une contestation à l’encontre de nos mode de vie modernes qui engendrent un stress quotidien particulièrement nocif à nos sociétés. En effet, selon l’American Institute of Stress, ce problème est à l’origine de 75 à 90% des nouvelles consultations médicales et de 60 à 80% des accidents de travail. Les coûts du stress seraient plus élevés que ceux de toutes les grèves mises ensemble. Ces coûts se manifestent sous forme d’absentéisme, de perte de productivité, de rotation de personnel, d’accidents, de frais médicaux et légaux directs ainsi que d’assurances et de compensations.

En définitive paresser, c’est lutter, s’insurger contre le dictat de l’hyperproductivisme, de la compétition effrénée. C’est oeuvrer pour la libération de l’esclavage moderne qu’est le travail. Mais c’est aussi résorber le trou de la sécu, augmenter sa productivité et trouver des solutions aux problèmes du monde moderne. Et tout ça… en faisant une sieste. Alors, peuples du monde entier, paressons !

Un dernier regard…

Publié: février 25, 2012 dans Presse, Quotidien engagé

Bien que l’ensemble de la presse ait couvert ce triste événement, Baz’Art se devait également de revenir sur ce journaliste hors du commun qu’était Rémi Ochlik.

Sans revenir sur sa biographie que vous pourrez lire ici ou ici, nous souhaitions participer humblement à l’hommage qui lui est rendu aujourd’hui.

Ce photojournaliste, dont le talent fut reconnu dès ses 20 ans,  a réussi à travers son travail à transcender ses images. Au-delà de la puissance des photos intrinsèque aux événements qu’elles révèlent, il a su y ajouter une dimension artistique par la composition de ses clichés, les points de vue choisis, les couleurs, le cadrage.

Rémi Ochlik laissera bien plus que des images, c’est un regard du monde qui s’éteint.

Visitez son site absolument : http://www.ochlik.com/