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Quelle surprise de voir le pouvoir politique en place dans notre pays ressortir la mise en place d’une taxe sur les transactions financières à quelques mois des élections présidentielles ! Nous n’allons pas nous en plaindre ni revenir sur les effets d’annonce de l’Elysée, mais il nous semble intéressant de revenir sur une telle taxe et surtout quelle politique elle peut bien servir.

L’idée d’une taxe sur les transactions financières, communément appelée taxe Tobin, n’est pas nouvelle. Portant le nom de son inventeur, le prix Nobel d’économie James Tobin, elle apparaît comme un outil fantastique pour récupérer des richesses et lui a valu d’être reprise par de nombreux acteurs de la scène politique et économique, notamment ATTAC. Mais ne nous y trompons pas, une telle taxe, comme le précise ATTAC, n’a qu’une fonction économique : « Il faut être clair là-dessus: le motif central pour l’instauration d’une TTC (Taxation des Transactions de Change, c’est-à-dire ce dont fait partie la Taxe Tobin) est d’ordre économique – il sera une des composantes nécessaires dans des reformes pour sauver l’économie mondiale de ses aberrations néo-libérales actuelles, de rétablir un meilleur fonctionnement des marchés financiers et de ces articulations avec les divers autres marchés nationaux ».

Ainsi, le caractère messianique de la célèbre taxe Tobin ne doit pas nous aveugler sur ce qu’elle sert (c’est-à-dire le maintien de notre système économique) et sur les multiples difficultés liées à sa mise en œuvre. La complexité et l’armada considérable des acteurs de la finance permettraient de rapidement contourner une telle taxe et, élément fondamental, ce type de taxe ne peut s’envisager qu’au niveau mondial, sinon elle ne provoquerait que le déplacement des places financières et affaiblirait fortement les économies qui ont choisi de l’appliquer. Par ailleurs, elle supposerait la levée du secret bancaire car il faudrait identifier les acteurs de ces transactions pour les taxer, chose particulièrement inenvisageable.

En définitive, il s’agit bien là d’un effet d’annonce de la part du Président pour regagner la confiance des électeurs après un bilan totalement catastrophique en utilisant la méconnaissance du peuple sur cette taxe et en prétendant réguler les marchés financiers. Un point est tout de même important à préciser, c’est que cette taxe existe déjà dans le code des impôts. Elle a été mise en place sous le gouvernement Jospin mais demeure inapplicable car en attente d’un accord européen.

Une entreprise lambda est constituée par divers niveaux hiérarchiques qui seraient associés à différents niveaux de responsabilités et de rémunérations selon le positionnement de chaque salarié sur cette échelle. Sur ce principe, la rémunération du responsable serait justifiée par un niveau de responsabilité, de décision et de compétences supérieur aux autres alors que celle de l’ouvrier serait également légitimée par un niveau décisionnel quasiment nul.

Pourtant, 2 sociologues, Michel Crozier et Erhard Friedberg, ont énoncé une théorie selon laquelle tout individu au sein d’une entreprise, développe une capacité de décision et d’action qui lui est propre et qui justifie sa présence. En effet, dans toute organisation, aussi structurée soit-elle, il existe toujours des zones d’ombre, des « zones d’incertitude ». En effet, une personne qui a connaissance d’une zone d’incertitude et qui en a la maîtrise a une influence majeure sur le fonctionnement d’une entreprise, ce qui lui donne toute légitimité et rend la structure dépendante de lui.

Cette compétence individuelle repose sur des sources informelles que les bénéficiaires refusent de partager afin que leur légitimité et leur place au sein de l’entreprise ne soit pas remise en cause.

Pour illustrer ce propos, prenons pour exemple la déficience d’une machine outil. Au sein d’une entreprise, la seule personne capable de la réparer serait l’ouvrier spécialisé. Le rendement de la société et son chiffre d’affaire serait donc directement lié aux capacités de cet individu à réparer cette machine. S’il accepte de la réparer immédiatement,  l’entreprise relance son outil de production, peut de nouveau vendre ses marchandises et générer du chiffre d’affaire. Etant le seul à développer cette compétence, il pourrait, pour paralyser la structure et pourquoi pas renégocier son salaire, imposer des délais plus longs qui auraient pour effet direct de faire perdre de l’argent à sa société.

Maîtrisant cette zone d’incertitude, cet ouvrier aurait-il intérêt à partager son savoir-faire au risque de perdre toute influence et toute capacité décisionnelle et devenir ainsi un individu substituable et donc éjectable lorsque les actionnaires en ont décidé ainsi ?

Prolétaires de tous les pays, faites de la rétention d’informations, maîtrisez vos zones d’incertitude, et tenez vos patrons par la peau des couilles. Si l’envie vous en prend, laissez vos machines outils en rade et renégociez vos salaires. Enfin, si vous avez un taff …..

Superbe film que celui de Coline Serreau ! Face aux politiques d’agriculture intensive qui détruisent notre environnement à petit feu avec pour seul objectif de faire l’argent, « Solutions locales pour un désordre global » nous propose des pistes positives et qui, de plus, fonctionnent dans différents endroits du globe pour redéfinir une agriculture en harmonie avec notre éco-système et destinée à nous préserver de la faim !

Synopsis : « Les films d’alertes et catastrophistes ont été tournés, ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s’est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. »
Coline Serreau

Bande-annonce : http://www.solutionslocales-lefilm.com/bande-annonce-et-extraits