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Une entreprise lambda est constituée par divers niveaux hiérarchiques qui seraient associés à différents niveaux de responsabilités et de rémunérations selon le positionnement de chaque salarié sur cette échelle. Sur ce principe, la rémunération du responsable serait justifiée par un niveau de responsabilité, de décision et de compétences supérieur aux autres alors que celle de l’ouvrier serait également légitimée par un niveau décisionnel quasiment nul.

Pourtant, 2 sociologues, Michel Crozier et Erhard Friedberg, ont énoncé une théorie selon laquelle tout individu au sein d’une entreprise, développe une capacité de décision et d’action qui lui est propre et qui justifie sa présence. En effet, dans toute organisation, aussi structurée soit-elle, il existe toujours des zones d’ombre, des « zones d’incertitude ». En effet, une personne qui a connaissance d’une zone d’incertitude et qui en a la maîtrise a une influence majeure sur le fonctionnement d’une entreprise, ce qui lui donne toute légitimité et rend la structure dépendante de lui.

Cette compétence individuelle repose sur des sources informelles que les bénéficiaires refusent de partager afin que leur légitimité et leur place au sein de l’entreprise ne soit pas remise en cause.

Pour illustrer ce propos, prenons pour exemple la déficience d’une machine outil. Au sein d’une entreprise, la seule personne capable de la réparer serait l’ouvrier spécialisé. Le rendement de la société et son chiffre d’affaire serait donc directement lié aux capacités de cet individu à réparer cette machine. S’il accepte de la réparer immédiatement,  l’entreprise relance son outil de production, peut de nouveau vendre ses marchandises et générer du chiffre d’affaire. Etant le seul à développer cette compétence, il pourrait, pour paralyser la structure et pourquoi pas renégocier son salaire, imposer des délais plus longs qui auraient pour effet direct de faire perdre de l’argent à sa société.

Maîtrisant cette zone d’incertitude, cet ouvrier aurait-il intérêt à partager son savoir-faire au risque de perdre toute influence et toute capacité décisionnelle et devenir ainsi un individu substituable et donc éjectable lorsque les actionnaires en ont décidé ainsi ?

Prolétaires de tous les pays, faites de la rétention d’informations, maîtrisez vos zones d’incertitude, et tenez vos patrons par la peau des couilles. Si l’envie vous en prend, laissez vos machines outils en rade et renégociez vos salaires. Enfin, si vous avez un taff …..

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Quelle stupeur que d’entendre aux infos, sur France Culture, que les syndicats utilisent les flash mob pour sensibiliser les citoyens à leurs revendications !! L’objectif est de monter que les manifestations peuvent être un acte plus ludique que de « manifester en rang d’oignon sous la pluie » !!

Nous connaissions déjà les manifestations animées par des batucadas ou encore un camion diffusant de la musique festive : depuis quand manifester est un jeu amusant ?! Comment des revendications aussi fortes que le maintien des droits sociaux peuvent-elles trouver une quelconque crédibilité dans une ambiance de fanfare ? Quand l’ouvrier qui va sur son chantier pour gagner son maigre salaire et se retrouver le dos détruit à 50 ans ou encore le salarié licencié après 40 ans de bons et loyaux services, voit à la télé des gens, pour la majorité fonctionnaires, défiler dans une ambiance de carnaval, que peuvent-ils penser ?