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Pour vous inciter à lire L’homme révolté de Camus, nous faisons certes preuve de fainéantise mais ces quelques mots seront plus parlant que n’importe quel article :

« Qu’est-ce qu’un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s’il refuse, il ne renonce pas : c’est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. Un esclave, qui a reçu des ordres toute sa vie, juge soudain inacceptable un nouveau commandement. Quel est le contenu de ce « non » ?

Il signifie, par exemple, « les choses ont trop duré », « jusque-là oui, au-delà non », « vous allez trop loin »,  et encore, « il y a une limite que vous ne dépasserez pas ». En somme, ce non affirme l’existence d’une frontière. On retrouve la même idée de limite dans ce sentiment du révolté que l’autre « exagère », qu’il étend son droit au-delà d’une frontière à partir de laquelle un autre droit lui fait face et le limite. Ainsi, le mouvement de révolte s’appuie, en même temps, sur le refus catégorique d’une intrusion jugée intolérable et sur la certitude confuse d’un bon droit,  plus exactement l’impression, chez le révolté, qu’il est « en droit de… ». La révolte ne va pas sans le sentiment d’avoir soi-même, en quelque façon, et quelque part, raison. C’est en cela que l’esclave révolté dit à la fois oui et non. Il affirme, en même temps que la frontière, tout ce qu’il soupçonne et veut préserver en deçà de la frontière. Il démontre, avec entêtement, qu’il y a en lui quelque chose qui « vaut la peine de… « , qui demande qu’on y prenne garde. D’une certaine manière, il oppose à l’ordre qui l’opprime une de droit à ne pas être opprimé au-delà de ce qu’il peut admettre. » A. Camus, L’homme révolté.

Peuple d’Europe révoltons-nous !

 

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Avant que l’austérité ne saisisse notre porte monnaie, il est important de fêter notre dernier Noël (selon le calendrier Maya). Ainsi, nous vous suggérons quelques idées cadeaux pour offrir un joli découvert à votre banquier et de jolies offrandes à vos proches !

Offrez un abonnement à une presse de qualité :

– Pour ceux qui se sentent seuls quand ils chantent l’Internationale lors des dîners en famille : Fakir, le journal fâché avec tout le monde ou presque…

– Pour les intellos qui ont des bras de plus de 2,5 mètres : Le monde diplomatique.

– Pour ceux  qui veulent lire autre chose que des astuces anti-cellulite ou la recette du porc aux mandarines 0% de matières grasses : Causette, le magazine plus féminin du cerveau que du capiton…

– Pour ceux qui pensent que l’économie ne résume pas à leur plan épargne logement : Alternatives économiques.

– Pour les amoureux de la nature qui veulent tout savoir sur le lombric : La hulotte, le journal le plus lu dans les terriers.

Offrez des livres avec des images :

Banksy, Guerre et spray. « Ce livre, première traduction française de l’ouvrage anglais Banksy, Walls and Piece, rend compte de cette production artistique hors normes, mélange de subversion et d’ironie, qui interroge sur un mode décalé et percutant, notre réalité sociale et culturelle. »

Larcenet, Le combat ordinaire. « Lassé de couvrir les événements, Marco s’accorde une pause dans son métier de photographe. Trentenaire, il est en proie à de nombreuses angoisses.  Il se cherche dans la fumée des pétards, les promenades solitaires ou chez son psy. Mais le combat ordinaire c’est  aussi un chantier naval qui ferme et qui licencie à tours de bras, la guerre d’Algérie et la gangue de silence qui l’enveloppe, les difficultés sociales, la maladie d’Alzheimer, les relations père-fils, le deuil, ce que l’on appelle devenir adulte sans oublier l’amour et l’amitié. »

Depardon, La terre des paysans. « Cet ouvrage présente une rigoureuse sélection de clichés de Depardon sur le monde rural. De la ferme du Garet dans la vallée de la Saône, lieu de naissance de Depardon, aux hameaux isolés du Massif central et de la Franche-Comté en passant par le Chili, le célèbre fondateur de l’agence Gamma a fait du paysage agricole un de ses thèmes de prédilection. Une centaine d’images en couleurs ou en noir et blanc et parmi elles de nombreux portraits qui disent la misère, la solitude, la fatigue et les marques du temps. »

Offrez des documentaires :

Coline Sérreau, Solutions locales pour un désordre global. « Les films d’alertes et catastrophistes ont été tournés, ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s’est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives.  »

Charles Ferguson, Inside job. « Retraçant la dérèglementation du système financier et ses aberrations à travers la cupidité et la corruption des dirigeants politiques, il met en lumière les dysfonctionnements prévisibles et prévus qui ont plongé le monde dans une crise bien loin de se résorber. »

–  Jennifer Abbott et Mark Achbar, The corporation. Ce documentaire tente la comparaison en l’entreprise en tant que personne morale et le psychopathe. Cette analogie surprenante nous montre à quel point la quête de l’enrichissement et du pouvoir mène sur les chemins de la déraison.

Et sinon, n’offrez rien, juste une magnifique réplique telle que « Noël n’est qu’une fête qui consacre la consommation, symbole de ce monde de merde qui va s’autodétruire » avec pour mise en scène un jeté de sapin dans la cheminée !

Aiguiser son esprit critique !

Publié: décembre 5, 2011 dans Bouquin
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Dans l’armada du citoyen vif et critique, il est un livre indispensable pour ne pas se laisser berner par les discours vicieux du communiquant professionnel : Petit cours d’autodéfense intellectuelle de Normand Baillargeon.

Ce livre, qui s’utilise comme une boîte à outils plus qu’il ne se dévore comme un roman, permet au lecteur de prendre conscience de toutes les ruses du discours qui peuvent transformer des inepties en évidences.

4ème de couv’ : Rédigé dans une langue claire et accessible, cet ouvrage, illustré par Charb, constitue une véritable initiation à la pensée critique, plus que jamais indispensable à quiconque veut assurer son autodéfense intellectuelle. On y trouvera d’abord un large survol des outils fondamentaux que doit maîtriser tout penseur critique : le langage, la logique, la rhétorique, les nombres, les probabilités, la statistique, etc. ; ceux-ci sont ensuite appliqués à la justification des croyances dans trois domaines cruciaux : l’expérience personnelle, la science et les médias.  » Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle.  »
Noam Chomsky